meliwood - atelier & brocante
"Je voulais cette touche d'étrange mais pro que moi je n'avais pas."
Je ne sais pas si l'adage "les cordonniers sont les plus mal chaussés" fonctionne dans tous les cas mais ici, il prend tout son sens.
Amélie est une ancienne graphiste qui, après 20 ans derrière un écran, a décidé de se réinventer. Deux enfants, une reconversion, et cette question qui finit toujours par s'imposer : qu'est-ce qui me fait vraiment vibrer ?
Pour elle, la réponse était dans les vieux meubles. Dans les brocantes et les vide-greniers du dimanche matin. Dans cette conviction que chaque objet a une histoire et mérite une seconde vie. "L'idée de me lever le matin pour aller bricoler et restaurer du vieux meuble me donne des papillons dans le ventre."
Meliwood est né de là. Pas d'un business plan mais d'une passion assumée et d'une philosophie simple : "Produire peu mais produire bien, avec amour et sincérité."
Le paradoxe
Quand elle m’a contacté pour créer l'identité visuelle de Meliwood, Amélie était lucide sur quelque chose : elle pourrait sans problème le faire elle-même. Techniquement, rien ne l'en empêche, elle a tous les outils et les codes pour le faire. Mais elle ne veut pas.
"J'avais envie d'avoir un regard complètement neutre et extérieur. J'étais curieuse de savoir ce que mon activité, ma personnalité allait pouvoir t'inspirer."
C'est une décision rare et courageuse — surtout pour quelqu'un qui a passé sa vie à créer pour les autres. Se regarder avec les yeux de quelqu'un d'autre. Découvrir ce que son propre univers inspire quand on le regarde sans filtre.
Et puis il y a cette phrase, qui dit tout sur ce qu'elle cherchait vraiment : "Je voulais cette touche d'étrange mais pro que moi je n'avais pas."
L'identité visuelle
C'est tout naturellement que le jackalope s'est imposé — cet animal légendaire, mi-lièvre mi-cerf, qui sait se sortir de toutes les mauvaises situations.
Un choix inattendu pour un atelier de restauration de meubles - et pourtant.
"L'idée me plaisait. Me dire qu'il pourrait me porter chance et m'aiderait lors de mauvaises périodes."
Il y a dans ce choix quelque chose qui ressemble à Amélie — ce goût pour les choses bizarres qui ne rentrent pas dans des cases, cette façon d'assumer l'inattendu sans s'en excuser. Comme elle le dit : "J'aime parfois un peu surprendre."
Pour elle, si son identité visuelle était une personne, elle serait Beth Gibbons. Énigmatique, intense, délicate, poétique et mélancolique. Peut-être pas ce qu'on attendrait d'un atelier de brocante mais exactement ce que Meliwood devait être.
La suite
Pour le site internet, la décision a été un peu plus longue à prendre. Le budget était serré et la tentation de le faire elle-même était cette fois bien réelle.
"J'ai longuement hésité. Car je n'avais pas vraiment le budget et je pensais être capable de le faire moi-même. Aujourd'hui, je suis extrêmement heureuse de l'avoir délégué."
Quand elle a vu les premières propositions de nuances, quelque chose s'est imposé. "Je m'y retrouvais tout de suite. Je ne me voyais pas avec d'autres couleurs. Ton travail fut une évidence."
C'est souvent comme ça que ça se passe. On hésite longtemps, et puis on voit. Et on sait.
Ce qu'elle dirait à celles et ceux qui hésitent
"On aurait tendance à vouloir ne pas mettre trop de budget dans notre communication au lancement. On se dit que c'est secondaire. Alors que c'est notre première vitrine, la première impression que l'on va donner. Soigner sa communication, c'est la priorité."
Difficile de dire mieux - surtout quand ça vient d'une ancienne graphiste :)
Les coulisses d'un projet, c'est bien — mais ce qui se passe dans la tête pendant le processus, c'est encore mieux. C'est ce que je raconte chaque mois dans les Notes d'Atelier. Une lettre honnête sur le design, l'identité et ce que mon travail révèle.

