Portrait d'Audrey, fondatrice de l'atelier Allons-y Alonso _ Alexandre Ollier

« Audrey c’est Une touche d'étrange et de pro en même temps. »

— Amélie

L'étrange et le pro dans la même phrase, c'est à peu près le résumé le plus juste qu'on m'ait jamais fait !

l’étrange d’abord.

Je n'ai jamais tenu plus de huit ans au même endroit. Avec dix-huit adresses différentes en France, en Russie et en Finlande, j'ai fini par poser mes valises dans le Cantal… pour le moment.

Troupeau de vaches broutant dans un pré boisé, sous des arbres feuillus.
Vue panoramique d’une ville française au coucher du soleil, avec une église à clocher élancé, des toits résidentiels et des arbres au premier plan.
Vue d’un bâtiment en briques rouges à travers une fenêtre couverte de gouttes de pluie

Recommencer à zéro, rencontrer de nouvelles personnes, apprendre parfois à vivre dans une langue qui n'est pas la sienne, ça laisse des traces : on devient incapable de regarder quoi que ce soit comme une évidence, y compris les gens.

Quartier résidentiel enneigé avec maisons, voiture et arbres couverts de neige sous un ciel rose au crépuscule
Lac calme reflétant des montagnes enneigées sous un ciel bleu, avec une maison et des conifères au premier plan.
Cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux à Moscou, avec ses coupoles colorées et le monument à Minine et Pojarski au premier plan.

C’est ce qui a fait de moi une rêveuse lucide, mais aussi une joyeuse mélancolique

Et en bonne chercheuse d'étrangeté que je suis, il y a notamment un sujet qui me fascine plus que de raison : la place que le graphisme peut prendre dans nos rites funéraires, la manière dont un signe peut accompagner un deuil plutôt que de rester silencieux face à lui.

Affiche minimaliste représentant une empreinte de main noire avec des nuages blancs sur fond blanc.
Affiche minimaliste représentant une empreinte de main noire avec des nuages blancs sur fond blanc.
Photographie en noir et blanc de cartes illustrées suspendues à une ficelle avec des pinces en bois.
Carte illustrée « Ending Park » avec des motifs gothiques : crâne, fleurs, corbeau, fantôme, vers et pierre tombale.

c’est entre ombre et lumière que j'ai trouvé ma place.

Le pro, ensuite.

Main dessinant des fleurs au crayon dans un carnet, avec des bagues décoratives aux doigts.
Main dessinant des fleurs au crayon dans un carnet, avec des bagues décoratives aux doigts.
Main tenant une carte blanche portant l’inscription « MERCI » devant un arrière-plan flou de cadeaux.
Main tenant une carte blanche portant l’inscription « MERCI » devant un arrière-plan flou de cadeaux.
Illustration vintage en grille présentant des symboles porte-bonheur : porte-bonheur, fleur, feuille, scarabée, fer à cheval, et pièce porte-bonheur.
Illustration vintage en grille présentant des symboles porte-bonheur : porte-bonheur, fleur, feuille, scarabée, fer à cheval, et pièce porte-bonheur.

Rien de tout ça ne m'empêche de prendre mon métier terriblement au sérieux.

Je ne suis pas une machine à produire du joli, ni une adepte des tendances, ni une créative qui suit le manuel. Je suis une graphiste qui met la poésie au service du design, ce qui demande - contrairement à ce qu'on pourrait croire - énormément de rigueur.

Je ne suis pas une artiste.

Parce qu’un graphisme, pour moi, ce n'est jamais une simple réponse esthétique : c'est une réflexion face à un problème qui vient prendre soin de celles et ceux à qui il est destiné.

C'est pour ça que je ne fais aucune différence entre un mariage et un projet professionnel, entre une naissance et une identité de marque. Je cherche toujours la même chose : ce qui fait sens, ce qui tient et qui reste dans le temps.

Deux robots humanoïdes en combinaison grillagée explorent un environnement sombre et rocheux, l’un tenant un objet sphérique et l’autre portant un casque avec un grand appareil respiratoire.

Et si les deux ne faisaient qu'un ?

Ça donne alors une designer qui refuse le mode d'emploi sans jamais renoncer à la rigueur qu'il prétendait garantir.

En d'autres termes, une designer radicalement poétique.

Ou comme le dit Amélie : étrange, mais pro. Les deux à la fois, jamais l'un sans l'autre. ;)