Do everything by hand, even when using the computer.

Hayao Miyazaki

entre matière et regard

Mains appliquant des feuilles d'or sur une carte en papier fait-main — atelier Allons-y Alonso EmmanuelleBraun.jpg

« Fais tout à la main. Même sur ordinateur. »
Hayao Miyazaki

Cette phrase me poursuit depuis des années. Je ne crois pas qu'elle parle seulement de technique. Je crois qu'elle parle d'attention — et d'engagement.

Chez moi, le design passe toujours par la matière, même lorsqu'il finit en pixels. Car ce n'est ni le grain du papier ni la luminosité de l'écran qui donnent la profondeur — c'est l'attention qu'on y met.

L’attention aux détails.

Cela demande de déplacer le regard : sur la forme, sur l'intention, mais aussi sur le temps. C'est là que réside, pour moi, la poésie. Observer. Ralentir. Écouter. Questionner. Laisser émerger. Remonter à la source d'un projet, quitte à aller à contre-courant. Refuser l'automatique.

Parce qu’un projet graphique n’est jamais qu’un prétexte. Ce qui compte avant tout, c’est la relation qu’il rend possible.

Derrière cette énergie un peu punk, il y a quelque chose de plus simple et plus profond : je crois en l'humain, en ses contradictions — et surtout en son imperfection. Je ne cherche jamais à lisser. Je cherche à mettre en valeur.

C'est pour cette raison que je ne distingue pas un mariage d'un projet professionnel, ni une naissance d'une identité de marque. Qu'il s'agisse d'un couple, d'une entreprise ou d'une famille, je cherche la même chose : ce qui fait sens, ce qui tient, ce qui reste.

L’exigence ne dépend pas du contexte, elle dépend de l’attention qu’on y met.

C'est dans cet espace que je travaille : entre contrôle et lâcher-prise, entre liberté et précision, entre intuition et structure.

Je fais tout à la main, même sur ordinateur. Parce que rien de vivant ne naît de l'automatisme.

Audrey travaillant sur ordinateur avec tablette graphique — atelier Allons-y Alonso