smith lab – San Diego (CA)
mission : Traduire la complexité du cerveau en une identité vivante
Smith Lab est un laboratoire de neurosciences sociales basé à San Diego, Californie. Un programme de recherche ambitieux dédié à l’étude des mécanismes neurobiologiques du comportement social, de la douleur et de l’émotion.
Mais derrière la rigueur scientifique, il y avait autre chose : une vision.
Créer un laboratoire inclusif, puissant, moderne — et en même temps accueillant.
Un espace où la neuroscience ne serait pas froide et intimidante, mais accessible, belle & vivante.
Smith Lab ne peut donc pas se résumer seulement à un lieu de recherche, c’est une invitation pour découvrir la beauté du cerveau et l’art du subconscient.
alors Comment traduire cette vision sans tomber dans les codes visuels classiques du monde académique ?
“ I chose you precisely because you aren’t in the science world. I think you bring a fresh perspective and vision that is much needed!”
Comme le dit Monique, je ne viens clairement pas du monde académique - et étonnamment c’est précisément pour ça qu’elle m’a choisie.
Donc pour développer son projet, je ne pouvais pas me contenter de dessiner simplement un neurone. Il fallait aussi comprendre :
les quinze années de recherche sur la douleur et l’empathie
la découverte du “Social Transfer of Pain”
la précision anatomique des neurones pyramidaux
mais aussi l’engagement social d’une scientifique issue d’un parcours sous-représenté.
Parce que son laboratoire ne parle pas uniquement de science. Il parle aussi de transmission, d’inclusivité et de responsabilité.
Alors avant de tracer une ligne, j’ai dû écouter, traduire et distinguer l’essentiel du technique. Comprendre ce qui relevait de la rigueur scientifique — et ce qui relevait de la vision.
Scientifique, mais accessible. Puissant, mais sensible.
Le défi était double.
D’un côté on a une rigueur scientifique, une crédibilité académique, une précision anatomique et un impact sociétal à retranscrire.
De l’autre, un besoin d’inclusion, de beauté, de calme et de créativité. Monique avait cette ambition de vouloir ouvrir son laboratoire à des profils plus artistiques.
Alors, dans un milieu académique souvent très codifié visuellement, il nous fallait créer une identité qui serait ni froide, ni décorative - et surtout pas caricaturale.
Il nous fallait une identité vivante.
L’identité s’est construite autour d’un dialogue visuel entre rigueur scientifique et sensibilité graphique, avec :
deux souris en interaction ;
un neurone simplifié mais scientifiquement cohérent ;
une étincelle — référence aux dynamiques neuronales — glissée dans le “I” de Smith.;
et ce mouvement subtil formant un “S”, comme une signature cachée.
Chaque élément raconte à la fois la recherche, la relation et le vivant.
Le système graphique créé repose sur des lignes fines, presque aériennes. Elles suggèrent sans imposer et laissent circuler le regard — comme une métaphore discrète des courbes d’activité neuronale et de l’invisible à l’œuvre.
Pour ouvrir cette identité à une lecture par le commun des mortels, la complexité scientifique a été volontairement synthétisée. Il ne s’agissait pas d’expliquer mais de rendre lisible. Et parfois, mon rôle a été de simplifier malgré la tentation de vouloir en montrer davantage. Chaque demande d’ajout a été évaluée non seulement pour sa justesse scientifique, mais aussi pour son équilibre visuel. C’est dans cet arbitrage que le design prend sa place.
Une identité pensée pour évoluer
Le projet ne s’est pas arrêté au design du logo, pour proposer une expérience complète, j’ai pu travailler :
le système complet de déclinaisons
les supports de conférence
la direction artistique pour le site - développé par Hello Mathilde.
la recolorisation artistique d’imageries neuronales
et une série d’illustrations des souris comme fil narratif
Les visuels scientifiques ont été retravaillés pour devenir à la fois précis et vibrants, et offrir un résultat qui surprend et interpelle - notamment dans le monde de la neuroscience (!!!)
Dès les premières présentations publiques, les retours ont été immédiats : “People are dying to know who you are!”
Le laboratoire attire désormais des profils brillants — scientifiques et créatifs.
L’identité visuelle ne remplace bien sûr pas la recherche mais elle incarne une posture. Elle complète le message en affirmant visuellement que la science peut être aussi bien rigoureuse que sensible.
ce que ce projet m’a appris
Travailler avec une scientifique aussi engagée m’a confrontée à une densité rare : des années de recherche, des enjeux sociétaux, une exigence académique, une précision anatomique.
La tentation aurait pu être d’en montrer le plus possible, de prouver la maîtrise par l’accumulation, mais la force d’une identité tient dans sa capacité à synthétiser sans appauvrir le message.
Simplifier un neurone sans le trahir, rendre visible une découverte sans la sur-expliquer, créer une identité puissante sans la rendre intimidante ont été des challenges plus que stimulants !
Ce projet m’a rappelé pourquoi j’aime travailler dans des univers qui ne sont pas les miens. Entrer dans un territoire complexe demande d’écouter autrement, de poser des questions parfois naïves, de reformuler mais surtout de résister à l’évidence.
Comprendre avant de dessiner reste, pour moi, la seule manière de créer quelque chose qui tient.

