Do everything by hand, even when using the computer.
Hayao Miyazaki
entre matière et regard
« Fais tout à la main.
Même sur ordinateur. »
Cette phrase de Hayao Miyazaki me poursuit depuis des années.
Je ne crois pas qu’elle parle seulement de technique. Je crois qu’elle parle d’attention — et d’engagement.
Chez moi, le design passe toujours par la matière - même lorsqu’il finit en pixels. Quel que soit le support, un projet est pensé avec la même exigence. Car ce n’est ni le grain du papier ni la luminosité de l’écran qui donnent la profondeur, c’est l’attention qu’on y met.
L’attention aux détails.
Cela demande de déplacer le regard, sur la forme, sur l’intention mais aussi sur le temps. C’est d’ailleurs là que réside pour moi la poésie : dans cette autre dimension.
Observer. Ralentir. Écouter. Questionner. Laisser émerger. Remonter à la source d’un projet — quitte à aller à contre-courant.
Tout ça demande de la présence pour de ne pas choisir la solution la plus évidente et refuser l’automatique.
Parce qu’un projet graphique n’est jamais qu’un prétexte. Ce qui compte avant tout, c’est la relation qu’il rend possible.
Et derrière cette énergie un peu punk, il y a quelque chose de plus simple et plus profond : je crois profondément en l’humain, en ses contradictions - et surtout - en son imperfection.
Je ne cherche jamais à lisser. Je cherche à mettre en valeur.
C’est pour cette raison que je ne distingue pas un mariage d’un projet professionnel, ni une naissance d’une identité de marque. Qu’il s’agisse d’un couple, d’une entreprise ou d’une famille, je cherche la même chose :
ce qui fait sens,
ce qui tient,
ce qui reste.
L’exigence ne dépend pas du contexte, elle dépend de l’attention qu’on y met.
C’est dans cet espace que je travaille : entre contrôle et lâcher-prise, entre liberté et précision, entre intuition et structure.
Je fais tout à la main, même sur ordinateur.
Parce que rien de vivant ne naît de l’automatisme.

